L’archipel de la dernière chance

2015-06-29 Nagoya...Rennes

Voilà que nous étions depuis bientôt un mois à Nagoya. A ce moment, l'équipe trépigne, mais on se régale avec les yeux et les papilles.
Cet arrêt était aussi imprévu, qu’inattendu et il s’avère être une surprenante découverte pour toute l’équipe. A plusieurs niveaux, ce pays est fascinant: mythique archipel volcanique, très vallonné, et au relief intérieur très marqué, même proche de la mer. Autour de ces reliefs, des vallées, où les rizières comblent les espaces libres autour et dans les villes. 
Vue de la campagne typique, depuis le train

J’aurais beaucoup aimé voir le Mont Fuji, mais le temps va nous manquer (celui qui passe) et le temps ne s’y prête pas (celui qu'il fait)…ce n’est pas pour rien qu’on est resté bloqué un moment.
Notre rythme de travail (principalement des veilles du hangar en ce qui me concerne) nous permet de nous éclipser un jour et demi maximum. Grâce au train à grande vitesse Shinkansen, les distances sont rapidement franchies. 

Le Shinkansen, bijou de technologie, un départ toutes les 15-20 minutes!
Kyoto, Kobe, Tokyo, Hiroshima, Osaka, sont à portée de rail en quelques minutes ou heures. J’ai eu l’occasion de rapidement découvrir Kyoto et Hiroshima, mais aussi l'océan à Utsumi et Hamamatsu.


Mais au-delà des paysages qui mériteraient d’être admirés à chaque saison, ce sont les japonais qui sont un peuple étonnant et passionnant à découvrir. D’un côté, on retrouve beaucoup de similitudes avec notre qualité de vie européenne: transports efficaces, infrastructures, propreté, tri des déchets, enfin, tout ce qu’on attend d'une société moderne en général. Et d’un autre côté, je découvre cette société aux codes complètement différents des nôtres, et où travailler est challenge de tous les jours. Je ne veux pas faire une analyse trop rapide ou iconoclaste, et prétendre que je connais le Japon, mais mon impression ici est que la société ici semble comme polarisée: d’un côté des principes et règles très codifiées, la bienséance, la politesse extrême des gens que l’on retrouve dans les différentes façons de remercier ou de saluer, les révérences à n’en plus finir et qui finissent par nous donner le fou-rire, les serveuses qui se tiennent genoux à côté de nous pour prendre la commande, le ballet quasi théâtral des chauffeurs de locomotives du métro qui vérifient l’horaire ou de leurs collègues en gare qui vérifient que personne ne franchit la ligne au bord du quai. C’est très agréable de se faire servir par des gens qui arborent un grand sourire et font tout pour nous satisfaire. Mais d’un autre côté, les gens dans la rue, dans cette partie de l’archipel, sont très concentrés et peu enclins à répondre à un sourire ou un regard.
D’un autre côté également, après ce côté très droit, rigide et discipliné, il y a les “soupapes” dont cette société de travailleurs a besoin: l’alcool, les salles de jeux et les restaurants. Les amis entre eux, les travailleurs viennent régulièrement avec leur collègues boire de l’alcool pour se dés-inhiber, régler leur différends avec leurs collègues, leur chef ou simplement "se lâcher”. On a eu l’occasion de le vivre avec Philippe dans un quartier proche de la gare de Nagoya. 

Rencontre par hasard d'une famille et de leurs amis, qui lâchent la soupape!

On retrouve cette impression dans les Pachinko, ces salles de jeu de casino, hyper bruyantes, enfumées et où l’alcool coule à flots. Dans la rue, en face, les gens attendent patiemment que le feu passe au vert, alors que la rue est vide…Contraste!

Entre deux shifts de garde du hangar mobile, j’ai pu visiter Hiroshima, avec Philippe qui y était déjà. Nous y avons visité le mémorial de la paix, qui relate l'explosion de la première bombe atomique, sans accuser les américains. Respect.
Nous avons aussi visités quelques un des différents monuments alentours, notamment celui dédié aux victimes dont de nombreux enfants: très impressionnant et émouvant.

Un monument de la bombe à Hiroshima.
C’était aussi et surtout l’occasion de faire une rencontre intéressante grâce à Philippe: Marc Decrey, un cousin de Philippe et Sylvie Cohen sa femme, deux journalistes suisses vous avez peut-être déjà entendu à la radio quand ils travaillaient. 

Marc et Sylvie, globe-trotteurs

Ce sont de grands navigateurs qui ont parcouru le monde sur leur bateau à voile, le “Chamade”. 


Chamade, battant pavillon suisse!


Au programme: départ de France, Ecosse, Norvège, Spitzberg, Murmansk et Arkangelsk en mer Blanche en Russie, en rivière/canal jusqu'à St-Petersbourg, Angleterre, Islande, passage du Nord-Ouest, Alaska, Canada, San-Francisco, basse-Californie, puis le Pacifique jusqu’aux Marquises, Tahiti, Kiribati, Marshall, Guam, et…le Japon.

Allez faire un tour sur leur blog, c’est passionnant:

Merci à eux de nous avoir accueilli avec Philippe, dans leur bateau et de nous avoir partagé un peu de leur aventure, de leur impressions et de leurs rencontres. Tout ça agrémenté d’un petit single-malt écossais, et une bonne tartine de Cenovis le matin!


On refait le monde dans le carré de Chamade. Belle soirée!

Puis, ce 29 juin, finalement, nous avons pu dire au revoir à Si2 qui a quitté son cocon gonflable, et dans le secret s’est envolé pour Hawaii. On ne voulait pas ameuter tous les journalistes si l’avion devait de nouveau revenir, et risquer de bloquer la machine diplomatique japonaise… L’avion a finalement mis le cap comme prévu sur Hawaii.
Juste après ce départ, je suis pour ma part rentré en Europe pour mon dernier projet de vacances: Rennes, en Bretagne où nos amis Gab et Alexia se marient et où je suis témoin! Je reprendrai donc le train Solar en route, soit à Hawaii, soit après... (ou pas).
En attendant, je le suis comme vous sur solarimpulse.com !


Arigato Japan! Je reviendrai te voir!

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