2015-07-10 - Suisse
Cette étape mythique de la traversée du Pacifique Nagoya-Hawaii sur plus de 7000km, je l’ai suivie surplace à Nagoya pour le départ puisque j’étais en poste pour le démontage du hangar mobile et le rangement du matériel.
Puis, donc dans la même journée, j’ai pris le cap sur Rennes en France pour être témoin du superbe mariage de nos amis Gabriel et Alexia, ce qui était convenu également depuis mon engagement à Solar Impulse. Mon chef me dit alors à Nagoya “Au revoir, on se voit à Hawaii le 11 juillet!”.
Cette étape mythique de la traversée du Pacifique Nagoya-Hawaii sur plus de 7000km, je l’ai suivie surplace à Nagoya pour le départ puisque j’étais en poste pour le démontage du hangar mobile et le rangement du matériel.
| Départ de Si2 de Nagoya, pour 117h52min de vol! Une journée de 30h pour nous... |
Puis, donc dans la même journée, j’ai pris le cap sur Rennes en France pour être témoin du superbe mariage de nos amis Gabriel et Alexia, ce qui était convenu également depuis mon engagement à Solar Impulse. Mon chef me dit alors à Nagoya “Au revoir, on se voit à Hawaii le 11 juillet!”.
L’arrivée, je l’ai suivie avec émotion sur un ordinateur portable, depuis un salon cossu de la belle maison bretonne de la belle-famille de Gabriel à Rennes. André m’a paru étonnamment frais, même si ses réponses à la radio, en français uniquement alors que le CAPCOM lui parlait en anglais, trahissait peut-être un état de fatigue important. Mais chapeau André: c’est un exploit et une performance technologique et humaine!
Passé le moment d’euphorie, place aux faits, aux chiffres et à la réalité. Certes il y a des records, des performances hors du commun, mais le retard accumulé sur toutes les étapes de ce tour du monde a été pour le moment en moyenne de 12 jours environ, tout ceci en comptant les pitstops de Muscat et Varanasi. Donc 3 semaines de retard à Chongqing, autant à Nanjing et presque autant à Nagoya. Un hangar mobile qui se transforme en hangar fixe à Hawaii, et des surprises techniques, des allers-retours, des frais d’hôtel et de nourriture qui explosent, etc. C’est donc clair que cette aventure pionnière commence à tirer en longueur, ce qui en démontre bien la difficulté, et il commence à y avoir des problèmes de budget et pas seulement de budget, mais là il faudrait que j’écrive sous un pseudo et attende le délai de prescription…
Donc les premiers à faire les frais de ce budget qui explose, c’est le personnel non-essentiel et j’en fais partie. Avec mes casquettes multiples que je partage avec mes collègues, et mes allées et venues, je suis devenu comme d’autres, moins indispensable :) et c’est donc il y a 3 jours que j’ai reçu mon congé, alors que j’étais en Suisse, par mon même chef qui me disait il y a peu à Nagoya: “on se retrouve à Hawaii”. La citation du film ‘Les 3 Frères’ qui dit “Une société c’est comme une montgolfière… si tu veux que ça monte il faut lâcher du lest” s’applique bien à la situation, pour un projet lancé par un aérostier :) Donc nous voilà déjà 3 membres du Ground Crew à être de retour à la maison, il y en a d’autres dans l’équipe Marcom (marketing communication). Et ça va continuer. L’ambiance sur place à Hawaii -selon ce que j’entends- commence à sentir la fin de mission, le lendemain de fête. Certes le cadre est beau, mais l’incertitude plane sur la suite et fin de la mission, car il devient de plus en plus évident que le tour du monde ne se bouclera probablement pas cette année. Nos deux pilotes mêmes s’y sont résolus et l’ont communiqué du bout des lèvres dans les médias, donc c’est officiel. Quelles options s’ouvrent alors? Laisser l’avion à Hawaii? Aller à Phoenix, puis plus loin, peut-être quand-même jusqu’à New York? Mais si l’avion ne part pas avant début- ou mi-août de la côte Ouest des USA, ça sera trop tard. Laisser l’avion dans un hangar à San Francisco, Long Beach ou au Mexique plus au sec, avant de reprendre en 2016? Le premier défi sera pour l'équipe restante de repartir d’Hawaii car le vol vers la côte ouest sera long également, de l'ordre de 3 à 4 jours.
Donc me voilà hors jeu, mais c’était aussi une des règles du jeu, avec un contrat d’un mois reconductible de mois en mois.
Toutes les bonnes choses ont une fin. Et si je fais le bilan de cette année, c’est plus que positif, et dans tous les sens du terme "extra-ordinaire": que de découvertes, de personnes côtoyées et rencontrées, que de chocs des cultures, de surprises, de joies, de couleurs, de marchés, de peines, de sueur, de fatigue, de voyage, de taxi, de trains, de valises fermées puis rouvertes, d’espoir de départ, de déception de report, de monuments visités, de mosquées, de temples, de soirées arrosées, de plats épicés, de pluie et de soleil, de coups de klaxons noyés de poussière, de photos, de selfies, de poignées de mains et de sourires. Combien de fois me suis-je dit “Quelle chance d’être né Suisse, et quelle qualité de vie on a”!
Mais l’autre réalité c’est aussi beaucoup de CO2 émis avec plus de 80’000km d’avion pour moi pour plus de 100h de vol. L’équivalent de 2 fois le tour du monde! De la folie pure, mais nécessaire?
Cet arrêt me permet donc de souffler enfin, de me reposer, de profiter de l’été, d’avoir de nouveau projets et de penser à la suite, professionnelle et personnelle. Un "changement d'altitude" comme dirait Bertrand Piccard.
Merci à tous de vos messages, de vos pensées, d’avoir partagé cette aventure avec moi, et au plaisir de vous revoir bientôt plein d’énergie…solaire!
Passé le moment d’euphorie, place aux faits, aux chiffres et à la réalité. Certes il y a des records, des performances hors du commun, mais le retard accumulé sur toutes les étapes de ce tour du monde a été pour le moment en moyenne de 12 jours environ, tout ceci en comptant les pitstops de Muscat et Varanasi. Donc 3 semaines de retard à Chongqing, autant à Nanjing et presque autant à Nagoya. Un hangar mobile qui se transforme en hangar fixe à Hawaii, et des surprises techniques, des allers-retours, des frais d’hôtel et de nourriture qui explosent, etc. C’est donc clair que cette aventure pionnière commence à tirer en longueur, ce qui en démontre bien la difficulté, et il commence à y avoir des problèmes de budget et pas seulement de budget, mais là il faudrait que j’écrive sous un pseudo et attende le délai de prescription…
Donc les premiers à faire les frais de ce budget qui explose, c’est le personnel non-essentiel et j’en fais partie. Avec mes casquettes multiples que je partage avec mes collègues, et mes allées et venues, je suis devenu comme d’autres, moins indispensable :) et c’est donc il y a 3 jours que j’ai reçu mon congé, alors que j’étais en Suisse, par mon même chef qui me disait il y a peu à Nagoya: “on se retrouve à Hawaii”. La citation du film ‘Les 3 Frères’ qui dit “Une société c’est comme une montgolfière… si tu veux que ça monte il faut lâcher du lest” s’applique bien à la situation, pour un projet lancé par un aérostier :) Donc nous voilà déjà 3 membres du Ground Crew à être de retour à la maison, il y en a d’autres dans l’équipe Marcom (marketing communication). Et ça va continuer. L’ambiance sur place à Hawaii -selon ce que j’entends- commence à sentir la fin de mission, le lendemain de fête. Certes le cadre est beau, mais l’incertitude plane sur la suite et fin de la mission, car il devient de plus en plus évident que le tour du monde ne se bouclera probablement pas cette année. Nos deux pilotes mêmes s’y sont résolus et l’ont communiqué du bout des lèvres dans les médias, donc c’est officiel. Quelles options s’ouvrent alors? Laisser l’avion à Hawaii? Aller à Phoenix, puis plus loin, peut-être quand-même jusqu’à New York? Mais si l’avion ne part pas avant début- ou mi-août de la côte Ouest des USA, ça sera trop tard. Laisser l’avion dans un hangar à San Francisco, Long Beach ou au Mexique plus au sec, avant de reprendre en 2016? Le premier défi sera pour l'équipe restante de repartir d’Hawaii car le vol vers la côte ouest sera long également, de l'ordre de 3 à 4 jours.
Donc me voilà hors jeu, mais c’était aussi une des règles du jeu, avec un contrat d’un mois reconductible de mois en mois.
Toutes les bonnes choses ont une fin. Et si je fais le bilan de cette année, c’est plus que positif, et dans tous les sens du terme "extra-ordinaire": que de découvertes, de personnes côtoyées et rencontrées, que de chocs des cultures, de surprises, de joies, de couleurs, de marchés, de peines, de sueur, de fatigue, de voyage, de taxi, de trains, de valises fermées puis rouvertes, d’espoir de départ, de déception de report, de monuments visités, de mosquées, de temples, de soirées arrosées, de plats épicés, de pluie et de soleil, de coups de klaxons noyés de poussière, de photos, de selfies, de poignées de mains et de sourires. Combien de fois me suis-je dit “Quelle chance d’être né Suisse, et quelle qualité de vie on a”!
Mais l’autre réalité c’est aussi beaucoup de CO2 émis avec plus de 80’000km d’avion pour moi pour plus de 100h de vol. L’équivalent de 2 fois le tour du monde! De la folie pure, mais nécessaire?
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| Mes trajets depuis en 6 mois depuis mi-janvier. |
Merci à tous de vos messages, de vos pensées, d’avoir partagé cette aventure avec moi, et au plaisir de vous revoir bientôt plein d’énergie…solaire!



