2015-02-05>06, Abu Dhabi> Oman > Abu Dhabi
Une petite agence de location du coin nous permet de trouver une petite voiture en très bon état mais à prix cassé et zou, on attaque le bitume. Plein est depuis Abu Dhabi, direction Al Ain. On s'accorde un premier arrêt pour manger dans un petit bistrot de routier: 2 chaises, un cuisinier-serveur indien ou pakistanais, la télé qui diffuse un épisode poignant à la Bollywood. L'ambiance est assez sympa! Dans ce petit local de 4m sur 4m environ, la proximité crée des contacts. Un des clients à notre table nous offre une de ses galettes de blé juste comme ça, et on fait causette avec ceux de la table d'à-côté, des chauffeurs de la région, pakistanais, qui nous demandent combien un visa de travail en Suisse coûte...Malgré le choc des cultures et la barrière de la langue, ce qui frappe, c'est la gentillesse et le sourire des gens, toujours très fiers de poser pour une photo.
On reprend la route pour rejoindre finalement Al Ain, la ville au passage de frontière avec Oman. Pas moins de 5 postes de douanes! On croit chaque fois que c'est fini en criant "On est à Omaaaaan" et puis non...un autre poste de douane nous surprend! Enfin, on y est dans le désert direction Sud-Ouest vers Ibri, le long des montagnes du Hajar qui culminent entre 2500 et 3000m, on dépasse des camions remplis de chameaux, des camionnettes qui transportent des tapis, et tout ça dans un paysage assez magique de plaine désertique.
A Ibri, quasi aucun hôtel, et il est encore tôt pour s'arrêter, donc on s'attaque à la traversée des montagnes, après s'être assurés que la route est carrossable et avec un bidon d'eau potable...on sait jamais. C'est en fait une magnifique route, qui s'enfonce de plus en plus dans le relief.
Au milieu de la plaine au pied des montagnes, on s'arrête pour faire des photos car la lumière de la fin de journée est superbe. Et là, surgit de nulle-part un chamelier, qui vient vers nous après qu'on lui ait fait un signe de la main. Il fait baraquer son dromadaire et vient nous serrer la main. C'est un pakistanais aussi qui parle urdu seulement et quelques mots d'anglais. Il a un regard profond et une peau dorée par le soleil. Il nous dit qu'il transporte des chameaux de course à Ibri. Dieu sait d'où il vient. Puis, comme il est arrivé, il repart sur le dos de sa monture.
L'appel des montagnes était trop fort... Nous décidons Philippe et moi de partir au Sultanat d'Oman, dont on parlait depuis quelques jours. Nous négocions un double jour de congé, arrangé avec mes deux "chefs". Ca tombe bien car aucune activité de vol n'est prévue ces prochains jours, cause météo et travaux techniques en cours.
Une petite agence de location du coin nous permet de trouver une petite voiture en très bon état mais à prix cassé et zou, on attaque le bitume. Plein est depuis Abu Dhabi, direction Al Ain. On s'accorde un premier arrêt pour manger dans un petit bistrot de routier: 2 chaises, un cuisinier-serveur indien ou pakistanais, la télé qui diffuse un épisode poignant à la Bollywood. L'ambiance est assez sympa! Dans ce petit local de 4m sur 4m environ, la proximité crée des contacts. Un des clients à notre table nous offre une de ses galettes de blé juste comme ça, et on fait causette avec ceux de la table d'à-côté, des chauffeurs de la région, pakistanais, qui nous demandent combien un visa de travail en Suisse coûte...Malgré le choc des cultures et la barrière de la langue, ce qui frappe, c'est la gentillesse et le sourire des gens, toujours très fiers de poser pour une photo.
| Des routiers pakistanais, aussi curieux que nous et très cools |
| Un air un peu hagard mais des vraies figures de travailleurs de la région |
Notre resto! Simple et lieu de rencontre.
On reprend la route pour rejoindre finalement Al Ain, la ville au passage de frontière avec Oman. Pas moins de 5 postes de douanes! On croit chaque fois que c'est fini en criant "On est à Omaaaaan" et puis non...un autre poste de douane nous surprend! Enfin, on y est dans le désert direction Sud-Ouest vers Ibri, le long des montagnes du Hajar qui culminent entre 2500 et 3000m, on dépasse des camions remplis de chameaux, des camionnettes qui transportent des tapis, et tout ça dans un paysage assez magique de plaine désertique.
A Ibri, quasi aucun hôtel, et il est encore tôt pour s'arrêter, donc on s'attaque à la traversée des montagnes, après s'être assurés que la route est carrossable et avec un bidon d'eau potable...on sait jamais. C'est en fait une magnifique route, qui s'enfonce de plus en plus dans le relief.
| Un chamelier pakistanais, en route pour amener ses chameaux de course à Ibri. |
On repart, pour finir par s'arrêter à nouveau au coucher de soleil pour monter sur une petite colline qui surplombe la route et les villages environnants.
| Soleil couchant sur les contreforts des montagnes du Hajar |
On reprend la route, cette fois la nuit tombe peu à peu et on a l'impression d'être entourés de fantômes avec ces montagnes qui nous dominent et avec la lumière du soleil couchant. Il faut juste éviter de se trouver nez à nez avec une chèvre ou une rivière qui coupe la route.
Finalement, on arrive à Al Khaburah, qui semble être une ville sans hôtel d'après un Omani rencontré à Ibri. Il est déjà tard, donc on s'arrête au premier bâtiment à l'entrée de la ville, pour demander si il y a par hasard quand-même un hôtel. Le gars nous répond: "mais ici, c'est un hôtel!". Ah ben on pouvait pas le savoir avec l'enseigne uniquement en arabe à l'extérieur! Ce qui est drôle, c'est que la réception est dans le fond de la quincaillerie qui est à côté et "l'hôtel" est situé dans un bâtiment où se trouve la salle de fête de la ville. L'homme de main du "gérant" nous guide dans les couloirs un peu style caserne, et il nous fait visiter une des chambres, qui doit être en fait la chambre nuptiale! On a un coup de foudre tellement c'est kitsch et de mauvais goût, mais on accepte tout de suite. Et en même temps il est tard et on n'a pas trop le choix...
| La réception de "l'hôtel", Al Khaburah |
On file dans la quincaillerie remplir le formulaire hôtelier uniquement en arabe et faire les formalités, et nous voilà en quête d'un endroit où manger.
On fait un tour au bord de mer qui ressemble plus à une ville fantôme qu'une cité balnéaire. En fait, la ville est construite en arrière de la côte qui est désertée par les locaux. Heureusement, le tourisme n'a pas encore frappé cette ville, mais le potentiel est énorme.
Après une petite balade dans cette ambiance assez particulière, baignée par la pleine lune qui se lève sur la mer, on part se boire un thé. Puis nous débarquons dans un coffee shop d'une rue marchande tenue par des bengladeshis, pakistanais et des indiens: marchands de vélos, tailleurs, fruits et légumes. Il y a de l'animation. Et tout le monde est curieux de voir ces deux touristes et répondent volontiers aux signes de la main et aux échanges de sourires. Ni Philippe ni moi ne nous sentons en danger et c'est vraiment 100% découverte couleur locale.
Au coffee shop, on commande les mêmes plats que nos voisins et nous voilà à déguster un bon poulet et un boeuf masala, avec des morceaux des fameuses galettes que l'on tient dans la main droite, l'autre étant impure et réservée à un autre usage...
La fatigue s'installe un peu, d'autant plus qu'on avait un ground test la nuit passée (photos sur http://www.solarimpulse.com/timeline/view/7772).
En arrivant à l'hôtel, on réalise qu'on a vraiment le "full service": pas de serviette, pas de papier de toilette, un vieux savon traîne dans la douche, et les draps n'ont pas été changés...quel charme! Mais il y a une solution pour tout: on utilise des taies d'oreilles comme linges, les boîtes de kleenex de la salle des fêtes comme papier toilette, le savon piqué à l'hôtel d'Abu Dhabi et la face B des draps que l'on secoue un peu après inspection pour voir si il n'y a pas trop de puces ou autre faune locale. Rien de suspect: on tombe comme des masses avec quelques fous rires ... un peu jaunes.
La nuit est assez calme étonnamment, et à ma surprise, je ne trouve pas à côté Philippe qui partageait avec moi ce lit nuptial: il a changé de place car le matelas plastifié faisait trop de bruit!
| Le Sheriff dans son lit de fortune |
On repart en ville, après avoir refusé de donner un bakchich à l'homme de main qui en réclamait.
Comme des omanis rencontrés hier soir à la sortie de la mosquée nous avaient indiqué que la pêche arrivait ce matin, on retourne au bord de mer au marché aux poissons. Ambiance pour tous les sens!
C'est l'effervescence et un lieu de vie pour les omanis surtout, que l'on reconnaît à leur chapeau cylindrique à motifs, ou les anciens avec leur turban. Il y a du thon, du barracuda, des crabes, des espadons, etc. et des jeunes, des vieux, mais pas de femmes. On ne les ne croise jamais d'ailleurs, si ce n'est quand elles se rendent dans la voiture ou dans leur maison. Les marchands ne sont pas farouches du tout et réclament des photos, et sont toujours curieux de savoir d'où on vient, et fiers de poser.
Reportage en images...
Il est temps de remettre le cap sur Ibri, pour repasser les montagnes en sens inverse. On est curieux de voir à quoi elles ressemble en plein jour.
En passant un des gués de la rivière, on s'arrête car plusieurs voitures sont garées là. C'est vendredi, le début du weekend local (vendredi/samedi) et des familles passent ce moment ensemble ici. Un groupe nous fait des grands signes et nous accueille avec du café arabe, des dattes, de l'eau et on fait causette un moment. Les femmes sont regroupées, assises, et les hommes font le feu pour le barbecue. Il y a la grand-mère, une de ses filles, les petites-filles, des cousines, des amies, etc. On est mitraillé par leurs appareils photos, mais après un petit moment, après avoir demandé la permission, je sors mon appareil pour une photo: panique à bord!! Elles détalent, se cachent et refusent toute photo. On est quand-même dans un monde bien différent et le choc des cultures est bien là! Mais ouf, ce n'est pas si grave, il n'y a pas d'incident diplomatique. On nous offre même une boîte de dattes et un thé, avant de reprendre la route. On les remercie avec nos trois mots d'arabe et on s'en va, sans trop se mouiller les pieds dans la rivière, ce qui les aurait bien fait marrer.
Puis nous mettons le cap sur Al Ain à nouveau, re-passage de frontière et on termine la journée par une balade dans les dunes d'Al Ain, au coucher de soleil, avant de reprendre la route pour Abu Dhabi.
Superbe Sam! Tu m'as fait rêver avec ce post, encore plus que les récits des journées Solar Impulse;-)
RépondreSupprimerSuperbes photos, tes textes sont écrit de façon simple et efficace, je vivais chaque étape...j'ai fait le voyage avec vous... décidément je persiste à dire que tu ne dois pas laisser dormir tout cela dans un blog, quand ton périple sera terminé, tu devrais avoir accumulé suffisamment de matière pour en faire un livre ou plusieurs livres...pourquoi pas ?
RépondreSupprimerDe quoi faire rêver bon nombre de personnes qui n'auront jamais la chance de pouvoir vivre ce que tu as vécu...alors il ne faut garder cela pour quelques uns, il faut partager au plus grand nombre, je comprends que pour le moment tu ne peux pas mais lorsque tu auras le feu vert, je serais un de tes premiers lecteurs.
Amicalement.
Voila c'est parti , merci Sam de nous faire partager ces moments d'intenses émotions. A la simple lecture de ton récit , j'avais aussi les yeux emplis de larmes . C'est absolument extraordinaire de faire partie de l'équipe mais c'est aussi parce que vous êtes extra - ordinaires!
RépondreSupprimer